Decision to Leave

헤어질 결심 Heeojil gyeolsim Polar romantique coréen (2022) de Park Chan-wook, avec Park Hae-il, Tang Wei, Lee Jeong-hyeon – 2h18

Hae-joon est inspecteur à Busan tandis que sa femme vit à Ipo, à l’autre bout du pays. Alors qu’un alpiniste est retrouvé au pied d’une montagne et que sa mort pourrait relever aussi bien de l’accident que du suicide, la femme de celui-ci, Sore, jeune migrante chinoise, s’impose malgré tout comme une suspecte. Hae-joon profite de ses insomnies pour la prendre en filature et son intérêt pour elle va vite dépasser le cadre de son enquête…

Six ans après le superbe Mademoiselle, Park Chan-wook fait donc enfin de retour sur grand écran* avec Decision to Leave, un polar s’inscrivant dans une filiation directe avec le Vertigo d’Hitchcock qui n’aura échappé à personne. Passant ainsi après Paul Verhoeven et son sulfureux Basic Instinct ou encore Brian De Palma et son troublant Obsession (qu’on aurait d’ailleurs bien du mal à ne pas voir comme influence directe d’Old Boy…), le téméraire Park Chan-wook se frotte donc à ces illustres prédécesseurs avec un même désir de pure mise en scène qui ne peut rendre l’exercice que profondément personnel. Le cinéaste y joue ainsi de son éternel pas de côté, Decision to Leave se révélant souvent plus drôle que bien des comédies ou reléguant son intrigue policière au second plan pour mieux s’assumer comme un drame sentimental.

Papier peint, non-dits et coeurs solitaires… Pas d’erreur, on est bien chez Park Chan-wook…

Baladant ses spectateurs comme peu de cinéastes osent le faire, et il en laissera assurément quelques uns sur le carreau, Park Chan-wook, via ce nouveau geste virtuose, risque de poser des problèmes de fond à ceux qui n’arriverait pas à s’y abandonner. Si la mise en scène redoutablement inspirée de Decision to Leave, associée à la musique de Jo Yeong-wook pour une collaboration cinéaste/compositeur toujours aussi remarquable, mettra tout le monde d’accord, elle participera à nous perdre à l’image de son détective au sommeil perturbé, Park Hae-il, de l’autre côté du trouble de Memories of Murder. Face à lui, Tang Wei impressionne de charisme et de vulnérabilité dans le rôle de Sore, indispensable personnage de femme fatale magnifiquement déployé en deux temps au gré du double programme orchestré par Park Chan-wook et qui en révèle évidemment toute la complexité.

En revisitant ainsi le cinéma d’Hitchcock à l’heure des smartphones et du tout connecté, surplus communication qui ne semble pas avoir vraiment simplifié l’expression des sentiments, Park Chan-wook rompt avec l’érotisme graphique de Mademoiselle pour une approche plus chaste qui ne rend que plus bouleversante cette pudique histoire d’amour fatalement promise à un final amer…

CLÉMENT MARIE

*Et comme Hitch qui a lui aussi expérimenté divers formats, Park Chan-wook a également sorti cette année le court métrage Life is But a Dream, une fantasy musicale il faut bien l’avouer assez chelou produite par Apple pour la sortie de l’iPhone13 pro. Après, je sais pas trop si vous pouvez vraiment tenter la même avec votre iPhone8 de prolo…

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